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La solution à tous vos /pʁɔblɛm/.

Ce que nous dit la langue.

Xavier BernierOlivier Lazzarotti et Jacques Lévy

La passante du sans-sushi. Source : Jacques Lévy, 2019.

Avez-vous encore des problèmes ? On peut en douter, car ce n’est sûrement pas sans raison que le mot problème a disparu, se réduisant à un morphème phonologiquement identifiable, /pʁoblɛm/, mais privé d’usage, donc probablement de sens. Si vous avez perdu depuis vingt ans le contact avec des locuteurs francophones, voici comment se sont redistribuées les significations. Certains problèmes sont devenus des soucis (« J’ai un souci avec un client. »), d’autres des sujets (« La transition énergétique reste un sujet. ») et ceux qui résistent encore, des « problématiques » (« On se trouve avec une problématique de chômage. »). Il faudrait bien sûr chercher à quantifier ce changement, identifier les différents registres où il se manifeste. Tout indique cependant qu’on assiste bien à un événement linguistique significatif.

Souci, sujet, problématique.

La redistribution sur plusieurs mots de ce que l’on appelait il y a encore peu un problème correspond à une certaine division linguistique du travail. Le souci appartient à l’univers des relations interpersonnelles, le rôle du mot consistant justement à personnaliser une difficulté insoluble en tant que telle, mais que l’on pourra régler à condition d’un peu de bonne volonté réciproque, ce qui serait impossible pour un problème, verrouillé par sa mécanique du vrai, du juste ou du bon. Le sujet s’inscrit préférentiellement dans le vocabulaire du débat public et on le rencontre souvent dans les discours politiques : il vise à atténuer la conflictualité d’un thème, notamment sous sa forme négative : « Pour moi, ce n’est pas un sujet » – pas un motif à s’étriper, comme ce serait le cas s’il s’agissait d’un problème. La problématique est la plus étonnante de ces nouveautés, car elle utilise une complication inutile pour brouiller les pistes. « Une problématique de violence » n’a, en fait, rien à voir avec la problématique de la violence, on ne parle pas de la même chose et on ne s’adresse pas aux mêmes gens. Dans son nouveau sens, une problématique, c’est un gros problème, tellement lourd et envahissant qu’on ne peut même plus l’isoler et chercher à le traiter, mais seulement le présenter comme une question sans réponse.

Cet usage d’un vocabulaire cognitif pour désigner un problème facile à formuler mais difficile à résoudre se retrouve dans un changement annexe, le remplacement de « difficile », au sens de « dur », « incommode » « rude », « pénible », comme on le dit d’une matière qui résiste à l’action, par « compliqué ». « Pour Les Herbiers, battre le PSG, ça va être compliqué ». Face à une équipe plus forte « sur le papier », c’est « objectivement » difficile, pourrait-on penser. Eh bien non, c’est seulement « compliqué ». Dire « difficile » aboutirait à « plier le match » avant qu’il n’ait commencé, ce qui est ennuyeux pour un commentateur sportif. Pour que la corrida garde son mystère, il faut qu’on puisse penser, ou au moins rêver, que le taureau ait une chance de s’en sortir. La « complication » transforme les contraintes les plus lourdes en grille de sudoku, niveau Expert. Un troisième vocable, « complexe », prend parfois le relais comme euphémisation de « compliqué ». Dans ce cas, on passe à côté de l’idée de « pensée complexe » telle qu’Edgar Morin l’a conçue[1][1], non comme opposition au simple, mais plutôt à l’élémentaire. Le complexe, c’est la réponse de la pensée systémique, holiste et synthétique aux apories des raisonnements linéaires, atomistes et analytiques. On peut donc aboutir à une simplexité, selon le terme utilisé par Alain Berthoz[2][2], c’est-à-dire à une simplicité du complexe, un vrai contraire à la complication de l’élémentaire, telle que la tradition positiviste s’est employée à fabriquer.

Le phénomène que nous décrivons ici est en tout cas récent et massif. Tout s’est joué en moins de deux décennies et la déferlante touche la grande majorité des francophones d’Europe. Le cas de « souci » est le plus spectaculaire. La contamination a atteint des expressions sans « problème », comme dans le « pas de souci » qui remplace « il n’y a pas de quoi » ou « je vous en prie » – au point de devenir une sorte de « fond de carte » du discours, le pseudo-anglais distancié « /no susaj/ » [no soussaï], comparable au pseudo-espagnol « no problémo », tendant à remplacer une expression aussi installée que « no problem ».

Pourquoi cela, pourquoi maintenant ? La vie est difficile et on voudrait la rendre plus sereine, les problèmes nous assaillent et on aimerait bien s’en débarrasser, c’est vrai, mais pourquoi maintenant, pourquoi une aversion aussi rapide et aussi puissante ?

Ce qu’on peut dire, en tout cas, c’est que l’éviction du problème est typique des processus d’euphémisation. L’histoire des langues peut se résumer, en un sens, à un jeu d’hyperboles et d’euphémismes. La valeur des mots s’use d’autant plus vite qu’elle est saillante, exposée à l’érosion et ce processus de démonétisation semble inévitable. Il conduit les mots à l’oubli, ce qui leur donne, dans la période suivante, une nouvelle chance d’être à nouveau aiguisés et tranchants. Ainsi la poudre de perlimpinpin, cette expression comique du 17e siècle, vieillie à la fin du 20e, qui fait un timide retour en 1979 sur la scène publique (à travers une diatribe de Jacques Chirac contre la construction européenne), a réussi une entrée fracassante le 3 mai 2017 devant quinze millions de téléspectateurs ébahis et ravis.

Les exagérations consistent parfois à inverser la valeur négative en positive, comme dans « c’est terrible » au milieu du 20e siècle ou comme dans « c’est une tuerie » aujourd’hui. En français « enfant-adolescent » contemporain, trop veut dire très. En portugais standard, muito veut dire à la fois beaucoup et trop et c’est le « contexte », c’est-à-dire ce qui permet d’établir l’échange entre les locuteurs, qui fait la différence. Ce ne sont pas des dérives ou des erreurs. Ces décalages du sens se situent au cœur de la vie d’une langue, qui est un vaste ensemble d’événements communicationnels interconnectés.

Les langages administratifs, qui sont des outils entre les mains des gouvernements pour éviter la guerre civile, procèdent souvent par euphémisation, d’abord par l’usage d’acronymes : une IVG ou une TS sont censées être moins inquiétants qu’un avortement ou un suicide – mais attention ! l’inversion guette. Presque personne en Suisse, en France ou en Belgique ne saurait dire ce que signifie « EMS » ou « EHPAD », mais, en son for intérieur, chacun craint fort de s’y faire jeter comme un chien au début de l’été, plus encore que si c’était une maison de retraite ou même un hospice de vieillards.

Nous nous situons alors sur la frontière poreuse qui sépare l’euphémisation de la langue de bois. Pourquoi, dans les annonces du métro parisien, entend-on : « Suite à un malaise-voyageur… » au lieu de : « En raison du malaise d’un voyageur… » ? Cet écart se distingue de la substitution de « suicide » par « accident grave de voyageur », qui vise clairement à ne pas provoquer d’angoisse excessive, pouvant déboucher sur… de nouveaux suicides sur les voies et de nouveaux retards. Non, il s’agit d’un acte linguistique gratuit, dont la communication est seule perdante. Or l’entreprise d’État RATP, qui exploite le métro, a fait de gros efforts, depuis quelques décennies, pour établir le contact avec les voyageurs. Ainsi, quand le train reste à quai, les conducteurs rassurent les passagers en leur disant que, si le train est à l’arrêt, c’est « pour régulation ». Pour régulation ? « Pour permettre un meilleur espacement des trains » ne serait-il pas plus clair et en outre plus convaincant (lorsque les trains s’écartent de l’horaire, cela provoque, par rétroaction positive, une saturation des rames et un ralentissement du trafic) ? Comme on le voit, l’écart avec le français standard ne porte pas seulement sur le vocabulaire mais aussi sur la syntaxe. On détecte ici la scorie d’un langage sécessionniste, qui, comme le verlan ou d’autres sous-systèmes linguistiques inventés par la pègre, vise à éviter l’intercompréhension avec les non-membres d’un groupe. C’est paradoxal, puisque l’objectif est ici inverse : dialoguer avec des usagers du métro, détenteurs de cette seule qualité et qui ne sont donc pas censés faire partie d’une quelconque corporation. Sans surprise, ce trainspeak[3][3] n’est jamais traduit dans d’autres langues, alors que la RATP, sur d’autres sujets, est devenue polyglotte. Une traduction en français serait d’abord nécessaire. Les institutions tendent à créer leur propre langage, qui se présente aux allophones avec le message suivant : « Nous voulons bien que vous nous compreniez un peu, mais pas trop car, sinon, cela remettrait en cause notre raison d’être ».

Euphémisme et litote.

Ces variantes de l’euphémisation conduisent à bien distinguer l’euphémisme de la litote… pour prendre la mesure de leur place, de l’un comme de l’autre, dans la vie sociale. L’effacement du mot problème peut être vu comme une nouvelle expression d’euphémismes pacificateurs : « Ce qui se passe en Syrie, ce n’est pas complètement rassurant » dit tout autre chose. Il s’agit d’une litote, une figure paradoxale qui renforce le message en faisant mine de l’affaiblir. La litote se situe dans une rhétorique de la mise à distance, dans une poétique du retrait, de l’humour au second degré et d’une attitude réflexive mais nullement de sous-estimation. Elle est volontiers associée à son contraire, l’emphase (comme : « L’usage de guillemets non typographiques est proprement intolérable. »), et Alain Schifres[4][4] a fait du couple litote/emphase un trait distinctif des Parisiens de la fin du 20e siècle.

La disparition des problèmes relève-t-elle de l’euphémisme ou de la litote ? « On va avoir un petit souci avec votre réservation » sert à éviter la révolte du client en lui présentant la situation comme étant moins grave que ce qu’il pourrait en penser. La « problématique » est clairement une litote : elle semble appartenir à l’abstraction et engendrer un second degré, mais ce mot, incompréhensible pour la plupart des locuteurs, qui ne le connaissaient même pas avant, et, plus encore, de la part de ceux qui le connaissaient mais tressautent en l’entendant à contre-emploi, fait ruisseler sur l’échine du destinataire une angoissante sueur froide. Quant au « sujet », si son apparition procède d’une logique d’euphémisation, classique dans un certain registre du discours politique (« problème » créerait des divisions dommageables), il fonctionne comme une litote qui rend le thème abordé encore plus anxiogène.

Les dynamiques des champs sémantiques sont fascinantes, car elles n’excluent pas, mais focalisent et marginalisent. Personne ne vous interdit de répéter le mot « problème » dans chacune de vos phrases, et les mots « souci », « sujet » et « problématique » sont suffisamment proches pour que, à part ces fouineurs pervers que sont les chercheurs en science du social, personne n’y trouve à redire. Et les acteurs du processus d’évitement – les locuteurs – n’en sont le plus souvent pas conscients eux-mêmes. Le marché des semi-synonymes est quasi illimité. Le locuteur est soumis à de multiples propositions qu’il peut accepter ou refuser, mais à la fin, il s’est passé quelque chose, on ne sait pas comment, mais cela veut dire quelque chose.

Ainsi, en anglais, la place majeure prise par le mot « community », équivalent de « collectivité » ou de « collectif », qui rend difficile l’identification des communautés (comme groupes d’allégeance fermés et irréversibles), qu’il est certes possible de nommer, mais par l’intermédiaire d’un adjectif peu courant (communal) et qui ne renvoie pas à un nom. Au départ, « communauté » est un synonyme de community, et on trouve encore des expressions françaises (comme « communauté politique ») dans lesquelles le sens communautariste de communauté est absent. Cependant, dans l’ensemble, en « Europe continentale », l’analyse des mutations sociales qui conduisent la société d’une organisation communautaire à l’émergence des individus a été bien documentée par des auteurs majeurs (Ferdinand Tönnies, Max Weber, Émile Durkheim, Norbert Elias…) et résonne fortement dans le débat public, tandis que, dans le monde anglophone, moins de personnes, savantes ou non, ne voient la nécessité de distinguer parmi les différents types de « communities ». À l’arrivée, pour expliquer le communautarisme à un Nord-Américain, il faut tout un paragraphe. Symétriquement, pour expliquer à un Français que l’étatisme ou le nationalisme sont aussi des communautarismes, ce n’est guère plus facile. De la même façon, par glissements progressifs, le mot anglais « culture » a fini par vouloir dire ce qui est le plus identitaire, le moins réflexif et le moins modifiable dans une société et est même utilisé, dans un contexte où l’émergence de l’individu-acteur est rejetée par beaucoup, comme synonyme de ce que l’on appellerait en français « société ». Ce sont ces évolutions de sous-ensembles linguistiques relativement autonomes qui rendent le travail de traduction difficile, puisqu’il s’agit parfois non pas d’utiliser des équivalents préexistants dans l’autre langue, mais de les inventer.

La langue, marteau sans maître.

On ne change pas une langue par décret. Quels sont les mouvements les plus importants dans les langues européennes depuis deux siècles ? On peut faire l’hypothèse que le plus puissant est la disparition d’un système hiérarchisé de pronoms personnels à trois positions (tu veux, vous voulez, monsieur/madame veut). En anglais, en portugais du Brésil et tendanciellement dans plusieurs autres langues, il n’en est resté qu’une (you et você) ; dans les autres, il y en a deux (comme tu-vous). Cette mutation a pris des chemins divers : on a pu garder la version la plus respectueuse ou la plus plébéienne, les formules qui ont gagné sont syntaxiquement diverses (singulier ou pluriel, deuxième ou troisième personne) et il y a des variantes (comme, en italien, pour la forme de politesse, lei, troisième personne au féminin pour le singulier et voi, deuxième personne épicène pour le pluriel). On a aussi « oublié » certains temps verbaux, comme les temps composés en anglais d’Amérique, ou l’imparfait du subjonctif en français. On a fini par se débarrasser, à des rythmes divers selon les pays, d’un « mademoiselle » où on ne voit, désormais, que des inconvénients.

Or rien de tout cela n’a été la conséquence d’une nouvelle technologie grammaticale, pas plus que d’une décision gouvernementale ou d’une expertise savante. Ce ne sont pas des logiques d’optimisation linguistique qui l’ont emporté, comme en témoigne la diversité des options choisies par les locuteurs de différents espaces linguistiques pour réaliser ces mutations. Ce n’est pas non plus une victoire des pouvoirs institués. L’Académie française, qui prétend régenter la langue française comme si c’était une manufacture des tabacs, montre régulièrement son impuissance. La langue est un bien public instantanément coproduit par chaque locuteur et la ou les sociétés qui la pratiquent. L’environnement de connaissance et de liberté offert par les politiques publiques linguistiques (comme le soutien à l’éducation et aux productions culturelles) ne définit que des conditions de possibilité. Ce sont ceux qui la parlent et l’écrivent qui inventent chaque jour une langue.

La traduction permet, sans doute mieux que tout autre exercice, de prendre conscience, par l’absence de correspondance complète (de cospatialité, dirait un géographe) entre les systèmes linguistiques, de failles, de béances et de marges qui constituent autant de ressources entre les mains des acteurs ordinaires des langues pour créer de nouvelles significations. Heinz Wismann[5][5] rapporte que, en 1798, lorsque Wilhelm von Humboldt essaya, à l’invitation de l’abbé Sieyès, d’expliquer la philosophie d’Immanuel Kant à des intellectuels francophones, il constata l’incompréhension de son auditoire et conclut : « Le palais, au sens de la gastronomie linguistique, le palais des Parisiens est tellement délicat que ce que je peux leur proposer ne leur convient pas, et donc je vais cesser de faire ces efforts qui portent sur des idées. Je ne vais plus faire de la philosophie, je vais étudier les langues, et d’ailleurs je vais commencer par le basque ». Ce que, à propos d’elle-même, la langue nous dit, ce n’est ni la transparence des positivistes, ni le surplomb des structuralistes, c’est un environnement sans cesse redessiné par la multitude d’acteurs à la fois agiles et candides que sont les locuteurs.

Il est à certains égards risible, même si c’est aussi inquiétant, de voir des activistes chercher à imposer leur conception de la syntaxe ou de l’orthographe en croyant naïvement que c’est le pouvoir sur une grammaire normative, qu’ils entendent conquérir, qui fait la langue. Le projet d’une hypersexuation interdisant les pluriels mixtes et les singuliers indéterminés, que portent certains mouvements politiques, entre en collision avec celui d’une société post-genre qui valoriserait la dissociation entre genres sociaux, de plus en plus individualisés, et genres linguistiques et ferait de des deux termes des homonymes. Entre ces deux modèles, lequel l’emportera ? Les locuteurs décideront, non en observant le combat de gladiateurs des métadiscours mais par leur agir linguistique propre, protéiforme, immaîtrisable et tout-puissant.

Quel avenir peut-on alors prédire à cette éviction des « problèmes » « difficiles » ? Est-ce une mode passagère ou une inflexion majeure ? Les problèmes vont-ils finalement réapparaître et, si oui, dans quel état ? La réponse se trouve sans doute dans la dynamique culturelle de ce « groupe moyen » qui caractérise les sociétés contemporaines, suffisamment conciliant pour jouer le rôle d’éponge vis-à-vis de toutes les figures du paraître langagier et suffisamment cultivé pour faire preuve d’agilité en changeant volontiers de formules quand de nouvelles nouveautés passent à sa portée. En tout cas, soyez-en sûrs, il se passera quelque chose que personne n’aura décidé. « Essaime la poussière/Nul ne décèlera votre union[6][6] ». Pas de souci ![7]

Endnotes:
  1. [1]: #_ftn1
  2. [2]: #_ftn2
  3. [3]: #_ftn3
  4. [4]: #_ftn4
  5. [5]: #_ftn5
  6. [6]: #_ftn6
  7. : #_ftnref1

Note

[1] Morin, Edgar. 1990. Introduction à la pensée complexe. Paris : ESF.

[2] Berthoz, Alain. 2009. La simplexité. Paris : Odile Jacob.

[3] Il existe un anglais mondial simplifié, utilisé dans la marine (seaspeak) et dans l’aviation (airspeak).

[4] Schifres, Alain. 1990. Les Parisiens. Paris : JC Lattès.

[5] Dans le livre de Heinz Wismann, Penser entre les langues (2012), au chapitre 1, « Vagabondages autobiographiques ».

[6] Dans le poème de René Char, « Commune présence », extrait de Le marteau sans maître (1934).

Résumé

La quasi-disparition du mot « problème » dans la communication publique francophone confirme l’importance de l’hyperbole, de l’euphémisme et de la litote dans la dynamique des langues. Le processus à l’œuvre nous donne aussi des indications sur les acteurs de ces changements : une multitude non coordonnée de locuteurs ordinaires capables, sans plan préétabli, de mettre les langues en mouvement.

Pour faire référence à cet article

Xavier BernierOlivier Lazzarotti et Jacques Lévy, "La solution à tous vos /pʁɔblɛm/.", EspacesTemps.net, Dans l’air, 01.03.2019
https://www.espacestemps.net/articles/la-solution-a-tous-vos-problemes/