Des camps de concentration au musée : la transmission de la mémoire historique en question.

[Exposition :] « Histoire(s) contemporaines(s)... » par Léa Eouzan, du 11 octobre au 7 décembre 2007, Lyon.

Image1 Bâtisse où étaient enregistrés les déportés à leur arrivée à Auschwitz désormais transformée en bar, extincteurs flambants neufs sur fonds d’anciens barbelés et de tour de garde, pelouses entretenues comme pour un parc de récréation, panneau récemment installé mettant en garde contre le passage d’un train… les lieux accueillant les touristes qui visitent les camps d’internement d’Auschwitz ne manquent pas de provoquer le malaise.

Ces hauts lieux de l’Histoire, mis en scène à l’excès au sud de la Pologne ou à l’inverse cachés comme pour être oubliés du côté des camps d’internement français, Léa Eouzan les a photographiés afin de rendre compte du « phénomène commémoratif » : les deux façons de gérer la mémoire historique de cet épisode marquant de l’histoire du 20e siècle se font écho. L’exposition « Histoire(s) contemporaines(s)… » pousse à s’interroger sur les façons de transmettre la mémoire aux générations futures et sur les risques de « consommation de l’Histoire ». Léa Eouzan pose un regard critique sur les enjeux de patrimonialisation, de muséification et d’exploitation touristique des camps sous occupation allemande, dont le contraste avec la désolation des camps français désormais désertiques comme Rivesaltes, Barcarès ou Argelès ne manquera pas de déstabiliser les visiteurs.

Exposée à la galerie « La Librairie » à Lyon du 11 octobre au 7 décembre 2007, l’exposition s’inscrit dans le cadre de la Biennale d’Art Contemporain de Lyon. Elle entre par ailleurs en résonnance avec le colloque « Juger les crimes contre l’humanité, 20 ans après le procès Barbie » organisé par l’ENS-LSH du 10 au 12 octobre 2007.

Plus d’infos :

Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines, Lyon

Biennale d’Art Contemporain de Lyon

Site de la photographe Léa Eouzan

Résumé

Bâtisse où étaient enregistrés les déportés à leur arrivée à Auschwitz désormais transformée en bar, extincteurs flambants neufs sur fonds d’anciens barbelés et de tour de garde, pelouses entretenues comme pour un parc de récréation, panneau récemment installé mettant en garde contre le passage d’un train… les lieux accueillant les touristes qui visitent les camps […]

Pour faire référence à cet article (ISO 690)

« Des camps de concentration au musée : la transmission de la mémoire historique en question. », EspacesTemps.net, Brèves, 2007/10/03. URL : https://www.espacestemps.net/articles/des-camps-de-concentration-au-musee-la-transmission-de-la-memoire-historique-en-question/