« Cartes à croquer » : l’apéritif.

Emmanuelle Tricoire

Cette séance a été publiée dans le Document d’accompagnement au dossier de transparents du numéro de La Documentation Photographique portant sur La carte : un enjeu contemporain, Jacques Lévy, Patrick Poncet, Emmanuelle Tricoire, mars 2004.

Dans une année de Cinquième du collège La Fontaine Au Roy à Paris (11e) qui fut en partie consacrée à l’apprentissage cartographique, notamment lors d’un travail intitulé « Cartes à croquer », une première séance a été réalisée pour conceptualiser à partir des notions de centre et de périphérie.

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Les élèves ont tous dans leur manuel une carte de l’Empire carolingien, qui distingue trois types de territoires.

  • Les territoires sont-ils tous dominés de la même façon ? Les élèves pourront distinguer, selon la carte, deux ou trois statuts différents.

  • Où est le centre ? La localisation et surtout le statut d’Aix-la Chapelle sont l’occasion de montrer aux élèves la différence entre centre et milieu.

  • Quel est le rapport entre le centre et le statut des territoires ? Les élèves trouvent la proposition suivante : « plus un territoire est éloigné du centre (ou de la capitale, lieu d’impulsion de la domination), moins il est dominé. »

  • Comment faire une carte simple de cette règle ? Il s’agit alors, dans l’espace d’un simple cadre, de laisser les élèves faire leurs propositions afin de réfléchir ensemble, de critiquer leurs façons de représenter les trois espaces différents, plus ou moins éloignés, ainsi que le centre. Leurs propositions peuvent être l’occasion de réfléchir sur des problèmes particulièrement cartographiques, de représentation de l’espace : le choix des formes, des figurés, etc. La carte réalisée est un modèle simple :

Image1« Plus on s’éloigne du centre du pouvoir, moins les territoires sont dominés » constitue l’hypothèse cartographiée. Une fois le modèle réalisé, il s’agit de le critiquer en le mettant à l’épreuve à travers des cas : c’est la raison d’être d’un modèle cartographique.

Image2

  • Est-ce toujours vrai dans l’Empire ? Les élèves peuvent trouver deux exceptions : celui des États de l’Église, éloignés/associés, et celui de la Saxe, proche de la capitale mais qui a été particulièrement difficile à dominer pour Charlemagne, qui a passé longtemps à la soumettre.

  • Peut-on généraliser à d’autres cas ? Une réflexion sur le rapport entre la distance et le pouvoir dans d’autres espaces, peut être lancée : dans le vaste monde musulman, qui n’est jamais unifié politiquement malgré le centre à Bagdad ; dans les cas étudiés en Géographie au Maghreb. On peut voir à travers un schéma d’organisation de l’espace maghrébin qu’il est nécessaire pour un État de mettre en place un système d’axes afin de pouvoir dominer son territoire.

Résumé

Les élèves ont tous dans leur manuel une carte de l’Empire carolingien, qui distingue trois types de territoires. Les territoires sont-ils tous dominés de la même façon ? Les élèves pourront distinguer, selon la carte, deux ou trois statuts différents. Où est le centre ? La localisation et surtout le statut d’Aix-la Chapelle sont l’occasion […]

Emmanuelle Tricoire

Historienne et géographe, elle est professeure d'Histoire, de Géographie et d'éducation civique dans le Secondaire ; elle a enseigné à Metz, à Marseille et à Paris. Actuellement, elle voyage entre Berlin et l'Est européen. Elle y travaille sur l'idée d'Europe. Elle est rédactrice en chef d'EspacesTemps.net.

Pour faire référence à cet article

Emmanuelle Tricoire, "« Cartes à croquer » : l’apéritif.", EspacesTemps.net, Objets, 27.06.2004
https://www.espacestemps.net/articles/cartes-a-croquer/