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Sérendipité.

Développement, espace et pouvoir.

[Appel à communications] 23 février 2012.

Image1Dans les opérations et les configurations de développement, l’espace apparait systématiquement comme un des objets et des enjeux principaux des transformations visées et de la « pragmatique de la gouvernementalité » (Abèles, 2008), mais aussi comme un lieu de résistance, voire de création, dans les pratiques quotidiennes des individus. Au-delà d’une approche binaire des stratégies de gouvernementalité et des « pratiques de l’espace » (De Certeau, 1980), selon laquelle les secondes seraient réduites à des formes de résistance aux premières, nous souhaitons interroger la dimension poïétique, les innovations en termes de spatialité qui émergent de leur confrontation. Nous comprenons l’espace, à partir de M. Lussault (2007, 2009), comme un contenu de l’expérience sociale. Les individus n’opèrent pas « sur » l’espace mais « avec » l’espace. Il est une ressource matérielle, immatérielle, idéelle dans les relations des individus et des groupes mais aussi le produit et l’expression de ces relations, des rapports de distance, de proximité, de positionnement, de pouvoir.

La relation entre gouvernementalité et pratiques de l’espace sur le terrain du développement sera déclinée à partir de deux questionnements. Une première interrogation partira de l’idée de l’espace comme lieu de négociation, de construction et d’invention des rapports de pouvoir et des légitimités, des différenciations culturelles et politiques. Seront visées ici les interventions qui saisissent les frottements entre pratiques de gouvernementalité et usages de l’espace à travers les opérations de développement, en ce qu’elles mettent en avant l’émergence et la négociation des « places », des « placements » des individus et des groupes, et leurs effets.

Dans un second temps, nous interrogerons l’espace comme un lieu d’émergence de la politique et analyserons la possibilité, à travers les actions de développement, de construction des « lieux » en « espaces ». Les lieux ne sont pas tous des espaces, dans le sens de lieux d’intelligibilité partagée. « Un espace est au lieu ce qu’est le langage au mot » (M. de Certeau, 1980). La réorganisation d’ordre spatial induite par les opérations de développement produit-elle des nouveaux réagencements spatiaux, investis collectivement, ou n’opèrent-elles qu’à travers des « lieux » en dehors des pratiques et des usages ? Il s’agira de saisir les mécanismes et les situations à travers lesquels adviennent cette transformation des lieux en espaces ou, au contraire, ceux où elle est empêchée. Plus largement, nous chercherons à analyser la créativité libérée par le jeu des relations et tensions entre gouvernementalité et pratiques de l’espace.

Nous examinerons des situations ethnographiques, ou proposées par d’autres disciplines, qui mettent en avant ces tensions présentes dans des opérations concrètes de développement (compris ici dans un sens large que lui confère J. P. Olivier de Sardan, 1995). La patrimonialisation et les processus mémoriels, la réorganisation des pratiques d’habiter et des politiques d’habitat dans le développement urbain, la construction des frontières territoriales plus ou moins informelles à travers les projets de développement, la démarche du chercheur sur le terrain sont, parmi d’autres, quelques terrains de réflexion possibles.

Cette journée d’étude « jeunes chercheurs » propose d’aborder, dans une perspective pluridisciplinaire, les problématiques de l’espace et du pouvoir à partir du champ du développement. La journée se tiendra le 27 avril 2012 au Centre de recherches et d’études anthropologiques de l’Université Lumière Lyon 2 et elle sera organisée par des jeunes chercheurs de ce laboratoire, avec la participation d’autres doctorants de l’École doctorale de sciences sociales (PRES de Lyon).

Les propositions de communication (environ 300 mots), ainsi qu’une très courte présentation des auteurs (environ 5 lignes), sont à envoyer à Bianca Botea-Coulaud et au comité d’organisation, aux deux adresses au plus tard le 23 février 2012. La sélection des propositions sera annoncée en fin de mois de mars 2012.

Illustration : Madabandon, «Landscape detail», 23.07.2010, Flickr, (licence Creative Commons).

Résumé

Dans les opérations et les configurations de développement, l’espace apparait systématiquement comme un des objets et des enjeux principaux des transformations visées et de la « pragmatique de la gouvernementalité » (Abèles, 2008), mais aussi comme un lieu de résistance, voire de création, dans les pratiques quotidiennes des individus. Au-delà d’une approche binaire des stratégies ...

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Sérendipité.

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