Visitez les coulisses d’EspacesTemps.net !

Mélanie Pitteloud et Manon Giger

Remerciements : Eduardo Camacho-Hübner.

Image1En complément au débat actuel centré sur le projet éditorial d’EspacesTemps.net, nous vous proposons sous forme de rétrospective quelques modestes instruments de mesure quantitative et qualitative, pour interroger la relation entre la revue et son public. Il ne s’agit pas de souligner ici le contenu des articles, mais bien plutôt la profondeur que Google, entre autres, s’amuse à exploiter pour nous rendre plus visibles encore, l’auto-visibilité de la société cachée dans les pages et les liens du site Internet : les chiffres, les statistiques et leur valeur de vérité, aussi limitée soit-elle. Espérons-nous vraiment pouvoir mesurer ce que nous sommes à partir de traces laissées par nos visiteurs ? Sommes-nous en droit de chercher des déterminismes nouveaux à partir des enregistrements effectués sur un réseau qui n’en est pas un ? Peu importe finalement la pertinence de ces indicateurs (nombre de pages, durée des visites, situation géographique des visiteurs, etc.), pourvu que l’on soit en mesure de vérifier ce qui se cache entre ces chiffres accumulés bon an mal an depuis que nous avons décidé d’exister autrement que sur le papier des rayonnages archaïquement sublimes des bibliothèques scientifiques. Ne pas commencer par se demander « Qui sommes-nous ? » mais bien « Sommes-nous ? », en invitant nos lecteurs, par cette courte mise en abyme, à nous rejoindre momentanément dans les coulisses de la revue.

EspacesTemps.net, dessine-moi un réseau.

Une des particularités d’EspacesTemps.net est la diversité de ses acteurs. Issus de courants et de disciplines variés au sein des sciences sociales, ayant des parcours interdisciplinaires qui touchent volontiers à d’autres sciences, les points de vues ont de quoi nourrir des débats animés. Récemment rejointe par un nouveau membre de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (ÉPFL) issu des sciences de l’ingénierie, la composante interface de la revue est en passe de se renforcer de l’intérieur. Autre particularité, les membres du comité, au nombre de dix, co-dirigent au même titre la revue, chacun assumant une partie des responsabilités. La répartition des prises de décisions contribue et force ainsi constamment à la délibération et à la réflexivité propres à EspacesTemps.net.

Implantée dans de nombreuses institutions reconnues en francophonie, la revue jouit principalement du soutien de la Faculté Environnement Naturel, Architectural et Construit (ENAC) — ainsi que de son Institut du développement territorial (Inter) et de ses laboratoires de sociologique urbaine (LaSUR), Chôros et TRANSP-OR — de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (Épfl).

Ces derniers financent le pôle éditorial : secrétariat de rédaction, webmaster et assistants, qui participent à la mise en ligne, au développement de l’internationalisation et des partenariats.

La revue bénéficie également, en Suisse et en France, du soutien des différentes institutions auxquelles sont rattachés ses dix co-directeurs actuels :

– Centre National de la Recherche Scientifique (Cnrs) et École des Hautes Études en Sciences Sociales (Ehess) : Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain (Iiac), Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture (Lahic), Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales (Laios) et Centre d’études transdisciplinaires – sociologie, anthropologie, histoire (Cetsah) ;

– École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes (Ensan) : Laboratoire Languages, Actions Urbaines, Altérités (Laua) ;

– École Normale Supérieure en Lettres Sciences Humaines de Lyon (EnsLsh) ;

– Université de Lausanne (Unil) : Institut interdisciplinaire d’étude des trajectoires biographiques ;

– Université de Paris Est : Laboratoire Ville Mobilité Transports, issu de l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets), l’École nationale des Ponts et Chaussées (Enpc) et l’Université de Marne-la-Vallée ;

– Université François Rabelais (Tours) : Équipe Ville Sociétés Territoires (Vst) du Citeres ;

– Université de Rennes II Haute Bretagne : Laboratoire Rennes Espaces et Sociétés (Reso).

Forte de cette diversité institutionnelle, EspacesTemps.net a, depuis 2002, rassemblé progressivement autour de son projet éditorial un réseau international et interdisciplinaire de 269 auteurs-es, 41 Acteurs-trices adhérant à la démarche de la revue et un comité scientifique de 46 chercheurs-euses qui s’impliquent dans la relecture des articles scientifiquement normés.

L’affiliation au réseau Revues.org — fédération de revues électroniques en sciences humaines et sociales — assure à EspacesTemps.net un hébergement et un référencement de qualité, aux côtés d’autres revues en ligne de domaines adjacents. Explorant aussi la complémentarité entre média papier et média virtuel, différents partenariats de co-publication ont vu le jour au cours de ces cinq années, avec les revues Pouvoirs Locaux (Paris), Les Cahiers du LAUA (Rennes), Flash Informatique de l’ÉPFL (Lausanne). Les relations se déclinent aussi sur le mode de la collaboration lors d’événements, notamment avec des revues en ligne partageant les mêmes préoccupations éditoriales comme Sens-Public.org et Eurozine.org.

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Fig. 1 : Réseaux institutionnels.

Clic après clic, vous êtes cernés[1].

Lecteurs-trices d’EspacesTemps.net, la moitié d’entre vous visitez nos pages depuis la France. Viennent ensuite respectivement la Suisse (21%), les États-Unis (5%), le Canada (4%), l’Allemagne (4%), la Chine (3%), la Belgique (2%), le Maroc (2%), la Tunisie (1%) et le reste du Monde (8%). La diversité de notre lectorat n’est pas seulement géographique : les articles suscitent l’intérêt de lecteurs d’horizons intellectuels divers. En effet, mathématicienne, artiste plastique, enseignant, etc. — pour ne signaler que les derniers en date — réagissent aux articles, nous livrant un extrait de leur pensée et ne dévoilant que trop rarement leur identité.

Nous, qui passons du temps à décortiquer et valoriser les faits et gestes de la revue[2], ne pouvons que nous réjouir des statistiques de fréquentation en hausse d’année en année (Tableau 1) et de la fidélisation croissante de son lectorat — le nombre de visites entrées via un marque-page ou un abonnement au flux rss a grimpé de 18% à 51% entre 2003 et 2007 (Tableau 2).

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Tableau 1 : Fréquentation annuelle du site.

Tableau 2 : Fidélisation progressive du lectorat.

Tableau 2 : Fidélisation progressive du lectorat.

Le flux de publication continu assure depuis 2004 la parution de trois articles par semaine en moyenne. Quant aux sommaires des rubriques les plus consultés, « Critique » remporte la palme d’or avec 10% des pages vues, suivie par « Théorie », « Méthode », les « Mensuelles » et « Dans l’air » (sept.-déc. 2007). Le chiffre des articles exportés pour impression traduit lui aussi un intérêt réjouissant : 1000 textes chaque mois en moyenne sont apprêtés pour être imprimés.

La visibilité des articles de la revue dans les moteurs de recherche est plus que satisfaisante. Grâce à son appartenance au réseau Revues.org EspacesTemps.net bénéficie des standards de référencement d’articles scientifiques en ligne les plus récents (notamment Dublin Core). De plus, en février 2008, Google recensait 1 060 pages web affichant un lien direct vers notre site.

HorizonS en devenir.

Forte des quelques 850 articles publiés qui attirent désormais plus de 29 000 visiteurs différents par mois (adresses ip, dernier trimestre 2007), la revue a entamé sa sixième année d’existence avec un nouveau défi. À l’horizon 2008 se précise — tel qu’annoncé dans les autres articles de cette traverse — un virage international, accompagné d’une nouvelle interface web plus interactive, adaptée au multilinguisme et visibilisant mieux l’interdisciplinarité. Parmi les transformations, annonçons déjà le moteur de recherche innovant qui permettra de valoriser mieux encore l’ensemble des articles en ligne et de proposer des regroupements thématiques, afin de rendre la navigation plus fluide.

Les masses de données accumulées depuis 2002 l’ont confirmé : oui, « nous sommes », avec vous. En rester là serait toutefois passer à côté d’un matériau à haute valeur réflexive. Pourraient en effet être questionnées non seulement les statistiques de fréquentation et de publication, mais plus largement les pratiques et les enjeux liés à la publication web, telle qu’investie par EspacesTemps.net. Tel est le défi que Marc Dumont, membre de la Rédaction, a décidé de relever, dans un article à paraître prochainement dans cette traverse.

Illustration : Diane S Murphy, « Byrd Theater », 13.2.2006, Flickr (licence Creative Commons).

Note

[1] Les statistiques mensuelles de fréquentation du site d’EspacesTemps.net sont accessibles librement sur Revues.org.

[2] En tant que Manager éditorial et Assistante chargée du développement des partenariats.

Résumé

En complément au débat actuel centré sur le projet éditorial d’EspacesTemps.net, nous vous proposons sous forme de rétrospective quelques modestes instruments de mesure quantitative et qualitative, pour interroger la relation entre la revue et son public. Il ne s’agit pas de souligner ici le contenu des articles, mais bien plutôt la profondeur que Google, entre […]

Pour faire référence à cet article (ISO 690)

Mélanie Pitteloud et Manon Giger, « Visitez les coulisses d’EspacesTemps.net ! », EspacesTemps.net, Laboratoire, 2008/03/11. URL : https://www.espacestemps.net/articles/visitez-les-coulisses-espacestempsnet/