2009 : extension ou restriction du domaine des compétences spatiales individuelles ?

[Matières à espaces] Entre simulations et réalités contemporaines du logement.

Image1Mais que fait donc EspacesTemps.net ? Voilà bientôt 20 jours qu’une nouvelle année s’est engagée sous le signe « 2009 » : la revue aurait-elle renoncé elle aussi aux cérémonies des vœux, par souci d’épargne dans une période agitée de conjoncture économique ? Mais peut-être se cale-t-elle davantage sur le calendrier chinois ? Sans doute une autre option, très certainement plus sérieuse, se profile : conformément aux démarches des sciences sociales qui ne souhaitent pas répondre à l’injonction de l’immédiateté ainsi qu’à la tradition d’entretien d’une réflexivité soutenue qui est la sienne, l’ensemble de la Rédaction est très probablement en travaux de recherche : qu’est-ce qu’un vœu ? Comment le souhaiter ? Comment résister et dénoncer la domination qui s’exerce sur un sens commun aliéné par cette pratique trop courante ? Les résultats de ces réflexions et la décision collective qui s’en suivra devraient être disponibles au cours de l’été 2009.

Non, bien sûr, à défaut de ces pistes qui sembleraient peu résister au sérieux, la revue attendait patiemment que tout son lectorat ait achevé l’ouverture de ses cadeaux à forte composante spatiale, pour proposer des instruments fiables permettant de les penser.

Image2Oui, cette année sera donc, plus que jamais, celle de l’individu, acteur spatial, doté de compétences à agir, distribuer avec plus ou moins de dextérité ses objets, ses relations et ses déplacements dans un Monde incertain. Si, depuis nombre d’année maintenant, de multiples travaux ont contribué à éclairer cette compétence spatiale, ils devront désormais compter aussi avec ces nouveaux gadgets aux étonnantes implications cognitives que représente la modélisation en 3D de formes concrètes d’espaces. Les GPS et Google earth ont introduit une véritable révolution dans le maniement individuel des distance, et l’offre jusque là encore un peu complexe de certains instruments tels que sketchup permettant de concevoir et produire des formes habitées s’étoffe et se simplifie, sous l’effet de nouvelle pratiques économiques et commerciales.

C’est le cas, par exemple, de la célèbre marque IKEA qui met gratuitement à disposition de ses clients un logiciel (Home Planner 2009) de simulation d’environnement intérieur, suivie de près par la firme française But et son logiciel Ideal designer qui cible spécifiquement les cuisines. Tout y est efficacement et simplement présenté pour lier combinaisons souples entre des catalogues de différents modules d’espaces et de leurs accessoires, et la préparation simplifiée des commandes à adresser aux magasins, finalités, certes, premières de ce logiciel qui n’est pas que philanthrope, donc. Une fonction que vous pourrez prolonger par le jeu « The Sims 2 Ikea Home Stuff » !

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Mais ne frôle-t-on pas le hiatus lorsqu’on place côte à côte cette fonction ludique de l’assemblage des modules, et les parfois dramatiques conséquences de la crise des subprimes aux Etats-Unis, en Espagne… ? C’est toute une puissance individuelle de maîtrise de l’espace qui se serait estompée. Quelles seront donc, en ce sens, les tendances pour 2009 ?

En attendant, les clivages spatiaux n’épargnent d’ailleurs pas le domaine de la simulation puisque ces logiciels n’ont été développés qu’en direction des plate-forme « PC » !

Il n’en reste pas moins que ces ressources informatiques constituent déjà une matière à penser pour les spécialistes de la cognition spatiale attentifs aux effets de formatage liés à la standardisation de certaines catégories spatiales ; ils représentent aussi une idée intéressante que les responsables de l’aménagement urbain gagneraient peut-être à prolonger et à faire sortir de ses seuls cadres intimes, privés, pour mettre à disposition de leurs citoyens des systèmes tout aussi simples et accessibles de modélisation des transformations envisageables des territoires urbanisés, de « simulation spatiale participative » plus encore que de seule cartographie participative.

L’individu, acteur spatial, certes, oui, mais toujours et encore dans des limites et des domaines qui lui seraient trop soigneusement assignés et pré-programmés ?

Que cette question n’ôte aucun plaisir ni ne coupe en si bon chemin le lectorat d’EspacesTemps.net dans l’installation de sa nouvelle cuisine ou le déballage de ses derniers meubles, en ce début d’année que toute l’équipe de la Rédaction ne saura trop lui souhaiter la meilleure que possible – ah, quand même !

Photographie: captures d’écran des différents logiciels.

Résumé

Mais que fait donc EspacesTemps.net ? Voilà bientôt 20 jours qu’une nouvelle année s’est engagée sous le signe « 2009 » : la revue aurait-elle renoncé elle aussi aux cérémonies des vœux, par souci d’épargne dans une période agitée de conjoncture économique ? Mais peut-être se cale-t-elle davantage sur le calendrier chinois ? Sans doute […]

Pour faire référence à cet article (ISO 690)

« 2009 : extension ou restriction du domaine des compétences spatiales individuelles ? », EspacesTemps.net, Brèves, 2009/01/19. URL : https://www.espacestemps.net/articles/2009-extension-ou-restriction-du-domaine-des-competences-spatiales-individuelles/