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Mot-croisé : Hôte.

Un seul mot, trois points de vue.

Joan Stavo-DebaugeEsteban Rosales et Jacqueline Dousson

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Le point de vue de l’informatique.

En informatique, le mot hôte est apparu dès que les ordinateurs ont été connectés en réseau. Une machine connectée à un réseau, accessible par son adresse Ip (suite de nombres permettant de l’identifier de manière unique), offre des services à la communauté et c’est par son nom d’hôte, plus porteur de sens que l’adresse Ip que les internautes contactent cet aubergiste d’un nouveau type. Le nom d’hôte de la machine est composé du nom local (unique dans le domaine) suivi du nom de son domaine; exemple dans mailbox.epfl.ch : mailbox est le nom du serveur de boîtes aux lettres dans le domaine epfl.ch.

Parmi les services offerts par ces hôtes, les serveurs Web sont les plus connus.

Quand une machine est un hôte au sens Web, c’est souvent qu’elle abrite plusieurs serveurs Web. Ce type de configuration est très répandu, une machine physique hôte peut accueillir des dizaines de serveurs appelés hôtes virtuels.

C’est ainsi que sont configurés beaucoup de serveurs Web dans des institutions comme l’Epfl, mais c’est aussi le fonctionnement des sociétés dites de Web hosting (commerciales ou non) qui offrent à leurs clients des espaces pour créer leurs propres sites Web. Plusieurs types de prestations sont possibles, qui correspondent à plus ou moins de fonctionnalités (sauvegardes des données, langages de programmation disponibles, partage de fichiers,…).

Les différents serveurs Web hébergés par un même hôte, même si celui-ci n’a qu’une seule adresse Ip, peuvent répondre à des noms différents, grâce à la magie des serveurs de noms, mais ceci est une autre histoire…

Le point de vue des sciences sociales.

La philosophie politique s’est souciée de l’appartenance, de ses promesses, de ses exigences et de ses contraintes, mais elle ne s’est que peu ouverte à l’hospitalité. Elle est à son affaire avec le membre qu’elle conjugue au pluriel et cherche à faire tenir dans une communauté soucieuse de bien tenir ses comptes et de ne léser personne. Elle ne sait plus s’y prendre avec le nouveau venu qui n’a pas encore part aux comptes et moins encore avec le visiteur inopiné qui n’est pas en position de réclamer.

Les sciences sociales se sont inquiétées de l’hostilité, elles n’ont eut de cesse de faire droit au conflit, faisant parfois de la lutte (des classes, pour la reconnaissance, etc.) le moteur de toutes choses. Mais l’hospitalité n’a jamais eut droit à un tel traitement. Pensées bancales de l’hostilité qui ne se donnent pas l’horizon de l’hospitalité, malgré l’antienne de la commune racine étymologique de la première et de la seconde.

Et l’on revient alors à l’hôte, ce motif amphibologique qui affole la distribution des places du langage du don. L’hôte dérangé et dérangeant : à la fois celui qui donne l’hospitalité en recevant une visite, et celui qui reçoit l’hospitalité en se rendant à la visite, souvent sans avoir reçu d’invitation. Vivement qu’il vienne à la table des sciences sociales. Et tant mieux s’il n’a pas été pas invité !

Dessin : © Esteban Rosales.

Résumé

Le point de vue de l’informatique. En informatique, le mot hôte est apparu dès que les ordinateurs ont été connectés en réseau. Une machine connectée à un réseau, accessible par son adresse Ip (suite de nombres permettant de l’identifier de manière unique), offre des services à la communauté et c’est par son nom d’hôte, plus […]
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