Henri Galinié et les « terres noires » de l’archéologie urbaine.

Le séminaire de géohistoire de Christian Grataloup du 7 mars 2005 à l’Institut de Géographie de Paris.

Isabelle Brochard Partager sur Facebook Partager sur Linkedin Partager sur Google+

L’archéologue Henri Galinié, spécialiste de l’archéologie urbaine médiévale, fondateur du Centre National d’Archéologie Urbaine et directeur de recherche au Cnrs, a animé cette journée de réflexion, rappelant tout d’abord les apports de la géographie à sa spécialité, en citant notamment les travaux de Pierre George et Jacqueline Beaujeu-Garnier. Il a ensuite dressé un bref historique de l’archéologie urbaine, situant son origine aux années 1960, lorsqu’elle apparaît non comme « une discipline, mais comme une pratique particulière au sein de l’histoire, [puis] au sein de la géographie », avec la prise de conscience de la stratification urbaine dans sa totalité, c’est-à-dire non plus seulement l’Antiquité, mais toute la période qui couvre l’Antiquité (et même auparavant le cas échéant) jusqu’à nos jours. De ce nouveau champ d’étude, dont l’objet est la totalité de l’espace urbain et du spectre chronologique, est né le besoin de repenser les critères de l’archéologie qui n’étaient pas forcément opératoires pour l’ensemble des périodes et des centres.

Cette redéfinition s’est faite par la reconnaissance de secteurs d’activités urbaines (travaux de Carolyn Heighway), la hiérarchisation de fonctions intra-sites et la réflexion sur les réseaux et les armatures inter-villes, en soulignant combien la configuration des villes dans le réseau est changeante, alors qu’à l’inverse, l’armature étatique des chefs-lieux (soit une centaine de centres urbains en France) a traversé le temps. Confrontés au problème de sources disparates, qui sont soit matérielles, pour l’essentiel, c’est-à-dire documentées par la pratique archéologique, soit écrites, soit encore d’ordre iconographique au sens large, les archéologues se sont interrogés sur la chaîne d’inférence entre ce que l’on découvre sur le terrain et les fonctions urbaines concernées. Les systèmes d’information géographique ont aussi influencé la réflexion sur le traitement de la documentation, trop hétérogène pour être appréhendée dans sa globalité, la solution adoptée ayant été la division du même objet en n objets successifs afin d’obtenir des entités fonctionnelles ayant une valeur horizontale et verticale. Toute entité doit obligatoirement être définie fonctionnellement de façon univoque, avoir un début et une fin, et être localisée.

Henri Galinié a clôt la journée en évoquant le mystère des 30 à 150 cm de stratification de « terre noire » qui représentent 700 à 800 ans d’histoire urbaine, entre l’Antiquité et le Moyen-Âge, et que l’on ne sait pas lire aujourd’hui. Se pose donc le problème de nouvelles sources à venir, la solution étant peut-être dans le développement de la réflexion paléo-environnementale.

Résumé

L’archéologue Henri Galinié, spécialiste de l’archéologie urbaine médiévale, fondateur du Centre National d’Archéologie Urbaine et directeur de recherche au Cnrs, a animé cette journée de réflexion, rappelant tout d’abord les apports de la géographie à sa spécialité, en citant notamment les travaux de Pierre George et Jacqueline Beaujeu-Garnier. Il a ensuite dressé un bref historique […]

Pour faire référence à cet article

Isabelle Brochard, "Henri Galinié et les « terres noires » de l’archéologie urbaine.", EspacesTemps.net, Dans l’air, 01.04.2005
https://www.espacestemps.net/articles/henri-galinie-et-les-terres-noires/