« Veux-tu venir chez moi si je vais chez toi ? »

[Matières à dépenser] Mobilités contemporaines de l’habitat.

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Image1Voilà un matériau d’interrogation pour les géographes qui s’intéressent aux pratiques touristiques, aux nouvelles formes de mobilité et qui se posent la question de savoir ce que cela signifie aujourd’hui « habiter un lieu », du « qui habite » le Monde et de quelle manière. Les périodes estivales plus que d’autres illustrent un des aspects de ce basculement dans un régime général de mobilité qui voit, ce faisant, se maintenir un écart persistant entre ceux qui partent et « ceux qui ne bougent pas, cet été ». Mais il est un élément nouveau qui viendrait peut-être changer la donne du lieu de vacance, dont le coût ne cesse d’augmenter depuis une vingtaine d’année, et reposer une fois encore la question du sens du mouvement dans un angle encore moins économique : l’échange de maison. Jusqu’ici le phénomène était résiduel et se présentait surtout autour de deux cas de figure : soit les heureux vacanciers partaient dans une location, un centre de vacances etc. et laissaient leur domicile à la surveillance d’un vigilant et parfois heureux gardien d’intérim, trop heureux de pouvoir troquer un peu d’entretien (arrosage..) contre l’usage d’une piscine, par exemple, soit ils accueillaient avec eux d’autres invités (opération « un enfant en vacances », par exemple).

Désormais, c’est le troc de maisons qui prend une nouvelle ampleur, et inaugure un sous-régime de mobilité assez original : nombre de sites internet tels que Trocmaison ou Homelink International proposent en effet de jouer le rôle de passerelles entre de telles pratiques. Les « classes » et « différences » sociales auraient-elles disparues ? Que l’on se rassure ! A défaut de se retrouver ensemble sur leurs lieux de vacance, grâce au site ProfVac, les enseignants pourront au moins de rassurer par un climat de confiance, celui non d’un « entre-soi » mais d’un échange « entre eux » et (d’autres) « soi-même ». Voilà une autre forme de communauté qui se tisse dans le paradoxe de la distance puisque tout en étant les mêmes (de quoi rassurer ?), ceux-ci ne se retrouvent, en réalité, a priori jamais…

Photographie : morguefiles.com.

Résumé

Voilà un matériau d’interrogation pour les géographes qui s’intéressent aux pratiques touristiques, aux nouvelles formes de mobilité et qui se posent la question de savoir ce que cela signifie aujourd’hui « habiter un lieu », du « qui habite » le Monde et de quelle manière. Les périodes estivales plus que d’autres illustrent un des […]

Pour faire référence à cet article

"« Veux-tu venir chez moi si je vais chez toi ? »", EspacesTemps.net, Brèves, 16.06.2007
https://www.espacestemps.net/articles/veux-tu-venir-chez-moi-si-je-vais-chez-toi/