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Et l’Université, ça devrait servir à quoi ?

Libero Zuppiroli, La bulle universitaire. Faut-il poursuivre le rêve américain ?, Lausanne, éditions d’en bas, 2010.

Stéphanie Leheis

[1]Au printemps 2010, l’EPFL inaugurait son Rolex Learning Center, fruit d’une coopération entre l’École et plusieurs grands groupes industriels désireux d’investir dans un établissement qui forme une grande partie de leurs cadres dirigeants. Bibliothèque, lieu d’échanges culturels, lieu de restauration… l’endroit avait vocation à devenir le cœur du campus, et son architecture originale1 envoyait un signal fort en ce sens. Relayée dans la presse locale et nationale, cette inauguration illustrait la réussite d’une politique menée depuis une dizaine d’années à l’EPFL et portée par son président, Patrick Aebischer, pour inscrire l’École dans la compétition internationale. Au même moment, Libero Zuppiroli, professeur à l’EPFL, publiait un court essai pour dénoncer les dangers de cette politique.

La concomitance des évènements n’est évidemment pas fortuite. Elle marque le lancement pour les Presses d’En Bas d’une nouvelle collection de poche pour petits formats, dont Libero Zuppiroli signe le premier ouvrage. Elle nous rappelle aussi le rôle de poil à gratter des Presses Polytechniques et Universitaires Romandes (PPUR) que peuvent jouer les Presses d’En Bas, dont la charte éditoriale nous renseigne sur les ambitions : « Les Éditions d’En Bas publient des ouvrages qui témoignent de la face cachée de la Suisse, et plus particulièrement de ce qui s’y vit “en bas”, à l’envers du décor2 ». Et tandis que les ppur publiaient, ce même printemps 2010, un portfolio richement illustré retraçant toute l’histoire, de la conception à la réalisation, de cette bibliothèque d’un genre nouveau (Della Casa et Meiltz, 2010), les Éditions d’En Bas se faisaient l’écho d’une voix discordante.

Au-delà de ce contexte local, l’ouvrage de Libero Zuppiroli met en cause une politique d’internationalisation des universités, à l’œuvre dans la plupart des pays européens, et qui vient bousculer notre conception traditionnelle du rôle et du fonctionnement des universités.

Une critique engagée.

Que trouve-t-on dans ce petit ouvrage ? Il s’articule autour de deux textes. Le premier, de l’ordre du pamphlet, revient sur la politique mise en œuvre à l’université technologique de Lausanne, et plus largement sur les transformations du système universitaire européen. L’auteur dénonce les dérives de ce qu’il considère être une américanisation de l’EPFL, qu’il suggère d’ailleurs de rebaptiser le Swiss Institute of Technology Lausanne pour aller au bout de la logique d’américanisation ou d’internationalisation. Il insiste sur les dangers de cette politique, tout en élargissant sa critique aux nouveaux fondements du modèle universitaire européen, qui ont justifié la trajectoire lausannoise. Le second texte, de l’ordre de l’utopie, nous propose la vision rêvée de l’auteur, qui imagine une université idéale, « une université des sciences où l’on pense » (p. 93).

D’emblée, le format de l’ouvrage implique donc une réflexion et une prise de position personnelles. C’est le propre de l’essai, qui donne plus dans l’exploration intellectuelle, que dans l’analyse détaillée et argumentée. Il en ressort deux éléments préliminaires : le premier tient au caractère polémique de l’ouvrage, qui suscite forcément le débat ; le second à une certaine frustration qui émane de la lecture. La polémique vient bien sûr du positionnement de l’auteur qui émet ici un avis assez éloigné de celui des principaux acteurs institutionnels de l’université. Elle vient aussi du choix des mots et des expressions utilisées, non sans humour, pour provoquer le lectorat, comme celle de « science bling-bling » (p. 69), ou du doctorat vu comme la « star academy des professeurs assistants » (p. 37). Quant à la frustration qui peut émaner de la lecture, elle vient du manque de preuves et de certaines affirmations déroutantes, comme lorsque l’auteur dénonce le phénomène de grade inflation (c’est-à-dire la baisse des exigences requises pour obtenir le diplôme), qu’il explique comme le résultat d’une stratégie mise en œuvre par les grandes multinationales pour revoir à la baisse le salaire des diplômés (p. 85).

Face à de telles accusations, la première réflexion qui s’impose à nous est sans doute de savoir d’où vient cette critique. Libero Zuppiroli est professeur en sciences physiques à l’epfl depuis une vingtaine d’années, auteur notamment de deux ambitieux traités sur la lumière et la couleur (publiés… aux ppur [Zuppiroli, Bussac et Grimm, 2009 et 2011]) qui témoignent d’un savoir encyclopédique. Le parcours de l’auteur impressionne. Or les détracteurs du système universitaire aujourd’hui sont souvent accusés de remettre en cause le système parce qu’ils ne parviennent pas à y rentrer ou bien à y survivre. En ce qui concerne notre auteur, pas de doute possible, la critique vient ici de l’intérieur, d’un chercheur reconnu et bien institué dans son champ disciplinaire. En mettant en cause l’université dans laquelle il exerce et dont il avoue être très fier, Liberio Zuppiroli s’interroge aussi sur lui-même et sur son parcours. Il revient ainsi sur les raisons personnelles de cet ouvrage, résultant d’un « désir de repenser mon action d’enseignant et de chercheur » (p. 9). Tout cela donne une dimension très personnelle à l’ouvrage, qui répond bien au format de l’essai.

Succès et dérives d’une politique d’internationalisation.

Revenons plus précisément sur les propos de l’auteur. Il nous décrit la politique mise en œuvre à l’EPFL, depuis la nomination au printemps 2000 d’un nouveau président, sortant du profil habituel de l’ingénieur suisse. Patrick Aebischer est professeur de médecine, a fait carrière dans une prestigieuse université américaine, et cultive des liens forts avec l’industrie (p. 15). Pour Libero Zuppiroli, il illustre, par son parcours, une nouvelle figure de l’universitaire, propre au modèle académique américain. Il va surtout mettre en application les principes de fonctionnement qu’il a pu observer aux États-Unis, pour faire de l’EPFL une université reconnue internationalement et dialoguant à parts égales avec les plus grands pourvoyeurs de prix Nobel et de brevets que sont le MIT3 ou CalTech4. Évolution du mode de recrutement, stratégie de communication efficace, développement des partenariats avec l’industrie pour financer la recherche, tels sont les grands axes de cette politique, qui s’applique aujourd’hui dans la plupart des grandes universités européennes5. Pour l’auteur, il n’est pas question de revenir sur les bienfaits de cette politique pour l’EPFL, puisqu’ils sont bien réels. Il reconnaît des succès indéniables, du côté de la recherche (dans le domaine des sciences de la vie, des nanotechnologies, ou des sciences cognitives) et du côté des recrutements, avec l’arrivée de véritables stars du milieu universitaire (comme le recrutement d’un des doyens de CalTech, professeur en neurofinance [p. 18]). L’école a ainsi acquis une très forte visibilité à l’international. Elle bénéficie d’une image extrêmement positive, auprès des entreprises comme du grand public.

Mais ce contre quoi Libero Zuppiroli veut nous mettre en garde, ce sont les dérives de cette politique. Il en dénombre trois principales, qui sont autant de points de débat : la première concerne la moyennisation6 voire la baisse de niveau qui résulte de l’uniformisation des diplômes ; la deuxième correspond à la réduction de la créativité et donc de l’innovation ; la troisième concerne la préférence donnée à l’action au détriment de la réflexion. Pour l’auteur, les mutations rapides qui ont eu lieu à l’epfl sont mobilisées ici pour leur caractère exemplaire et traduisent surtout une tendance plus générale, au niveau européen, qui consiste à copier le modèle universitaire américain.

La guerre des modèles.

La critique développée par l’auteur s’appuie sur l’analyse rapide de l’histoire de l’université en Europe et ailleurs, à travers l’identification de modèles qui se succèdent et transforment l’institution. Si la référence à ces différents modèles est assez commune dans la littérature sur l’évolution de l’université, les oppositions mises en évidence par l’auteur se révèlent assez troublantes et parfois franchement caricaturales. Reprenons dans l’ordre chronologique les différents modèles évoqués çà et là dans l’ouvrage :

– L’université médiévale issue des accords de Bologne au 13e siècle (p. 112) : organisée autour des étudiants, qui assurent collectivement le fonctionnement de l’institution et recrutent eux-mêmes leurs maîtres. Les cours sont gratuits et ouverts à tous. L’enseignement est tourné vers l’activité de pensée et l’acquisition de l’esprit critique, grâce à la méthode de la disputatio médiévale.

– L’université de la Renaissance : « qui offre l’opportunité au plus grand nombre de repenser la relation de l’homme avec la nature et la société » (p. 118).

– Le modèle allemand du 19e siècle avec sa république des professeurs où chacun a une autonomie large et des moyens publics pour mener recherche et enseignement (p. 16).

– Le modèle français des grandes écoles, symbole de l’élitisme républicain, et en particulier le modèle de l’ingénieur à la française (notamment avec l’École Polytechnique) qui met l’éducation des technosciences au service de la nation (p. 16).

– Le modèle helvétique de l’ingénieur constructeur et de l’ingénieur moderne (avec l’École polytechnique fédérale de Zurich au 19e qui est la première à admettre les femmes) (p. 114).

Ces différentes universités semblent structurer, selon l’auteur, un modèle classique de l’université européenne, celui de « la Grande Université Européenne du passé » (p. 16), dont il s’inspire pour proposer une utopie universitaire (partie 3 de l’ouvrage). Dans ce modèle, où l’enseignement est aussi important que la recherche, l’université se définit comme un lieu de production et de diffusion de la connaissance, pour la société dans son ensemble, s’apparentant à un service public.

Aux antipodes de ce modèle européen, l’auteur place le modèle américain. À une exception près (celle de l’université californienne dans les années 1970, brièvement évoquée [p. 113]), le modèle américain est celui d’une université où le savoir est un bien marchand, vendu sous la forme d’un diplôme. Les élites ayant les moyens se forment dans des universités d’excellence, « paradis de la recherche et de l’enseignement » (p. 90), tandis que le reste de la population, globalement inculte pour Libero Zuppiroli (p. 91), n’a accès qu’à de médiocres universités publiques.

Ainsi, entre une université qui diffuse des connaissances et une université qui vend des diplômes, l’opposition tourne rapidement à la caricature. Certes, il est possible de mettre au crédit de l’auteur une certaine conception traditionnelle de l’université, très prégnante en Europe. Elle est clairement visible en France, par exemple, où l’idéal républicain et le principe d’équité territoriale ont diffusé l’université sur l’ensemble du territoire. Et les réformes actuelles, qui vont dans le sens inverse en privilégiant la concentration de moyens sur des pôles d’excellence, ont mis en lumière cet antagonisme entre un modèle traditionnel d’université ouverte à tous et quasi-gratuite, et une vision nouvelle de l’université d’excellence. D’où la polémique sur les craintes d’une université à deux vitesses.

Pour autant, cette vision binaire conduit souvent à oublier deux choses. La première concerne les limites de cette université des savoirs largement fantasmée. Dans le cas français, on oublie trop souvent la face cachée de cet idéal républicain, tout aussi élitiste, qui prend corps dans le système des classes préparatoires et grandes écoles, de sorte que subsiste un double système dont on sait bien qu’il répond aussi à une séparation entre une formation de masse, souvent dévaluée, à l’université, et une formation des élites dans des filières sélectives. De la même façon du côté de la recherche, la création de grands organismes indépendants détachés des universités (cnrs, inserm, insa…) a fait subsister un double système tout aussi inégal. La seconde concerne le fonctionnement de cette université d’élite aux États-Unis. Là encore, on oublie trop souvent le système de bourses largement développé qui permet aux étudiants les plus brillants, et pas seulement les plus riches, de faire gratuitement leur scolarité dans ces lieux prestigieux. En s’enfermant dans un mode de lecture binaire, entre excellence et médiocrité, on sous-entend d’emblée que favoriser l’excellence d’un côté impliquerait que l’on entretienne la médiocrité de l’autre, ce qui ne nous semble pas si évident.

Au total, entre la caricature et l’utopie, on perd de vue assez rapidement la réalité concrète. Or ce qui apparaît en jeu ici, ce n’est pas tant une soi-disant opposition point par point entre un modèle européen traditionnel et un modèle américain, mais c’est plutôt la logique d’uniformisation qui fait émerger un nouveau modèle, international, vers lequel tendent la plupart des pays aujourd’hui.

Les clés de lecture du système universitaire contemporain.

Les propos de l’auteur ont surtout le mérite de mettre en lumière les grands traits du système universitaire international. Il nous donne quelques clés de lecture pour comprendre le fonctionnement de ce système, tout en mettant le doigt sur les principaux concepts qui permettent de comprendre les incohérences et les limites de ce modèle international.

Le bestiaire des acteurs du modèle universitaire international.

À travers sa critique de la politique lausannoise, Libero Zuppiroli met en scène le bestiaire des nouveaux acteurs de ce modèle universitaire international. Les principales figures en sont les suivantes :

– Le président de l’université, vu comme une super star ou un héros antique (p. 17) ;

– Son équipe dirigeante, issue des grandes universités américaines (p. 27) ;

– Le chargé de communication (p. 23), qui met en spectacle la politique du président ;

– Les « professeurs managers » ou nfmm (pp. 30-32), dont les activités s’organisent autour de quatre fonctions principales : le networking, le fundraising, le marketing et le management ;

– Les doctorants ou « superb students » (p. 37), qui sont ceux qui font la recherche étant donné que les professeurs sont occupés à autre chose, et qui constituent une main-d’œuvre bon marché, au statut précaire, tout comme les postdoctorants, vacataires et autres professeurs assistants.

L’auteur compare très justement l’université à une équipe de football, qui pour se démarquer cherche sans cesse à embaucher des stars internationales, en les attirant par une inflation des salaires ou en les sélectionnant très tôt. La métaphore convainc en partie. Pour autant, elle trouve ses limites dans la mise en œuvre de ces pratiques qui sont très loin d’être généralisées et restent l’apanage de quelques prestigieuses universités américaines.

Les contradictions inhérentes au modèle.

En ce qui concerne les principales caractéristiques du système universitaire, deux d’entre elles nous semblent particulièrement pertinentes pour pointer les incohérences de ce modèle international comme l’auteur nous propose de le faire.

La première tient au caractère a-territorial de l’université, qui au lieu de former les élites locales, attire des étudiants à l’international et recrute son personnel sur un marché mondialisé. Le campus lui-même se déterritorialise, comme dans le cas des « campus offshore » (p. 58) ouverts par le mit à Abu Dhabi ou par l’epfl dans l’émirat de Ras Al Khaimah. À propos de l’epfl, Libero Zuppiroli ajoute : « À force d’imitation, l’École est devenue un lieu authentiquement international à l’image des meilleurs lieux universitaires américains et aussi proche que possible de ces brillantes institutions » (pp. 28-29). En se positionnant à l’international, les universités perdent le contact avec le territoire local, qui n’est plus que le support d’une activité extra-territorialisée : celle, par exemple, de la recherche académique, où les échanges se font par articles interposés dans les plus grandes revues anglo-saxonnes. Ce qui surprend ici c’est la contradiction entre ce processus de déterritorialisation de l’université d’un côté, et de l’autre tout un discours sur l’économie de la connaissance qui rapproche investissement dans la recherche et l’enseignement supérieur, et développement économique local. Ce discours conduit par exemple les collectivités locales à s’impliquer de plus en plus dans le financement et la gouvernance des établissements qui s’inscrivent sur leur territoire, espérant des retombées à plus ou moins long terme. Dès lors apparaît un décalage très fort entre une université a-territoriale pour laquelle tout se joue à l’international, et une université de plus en plus territorialisée qui est devenue un support majeur du développement économique local.

La seconde caractéristique que nous souhaitons retenir ici tient au moteur qui fait fonctionner le système universitaire. Pour Libero Zuppiroli, ce moteur est désormais l’uniformisation ou l’imitation, qui conduit à la moyennisation, et non plus la liberté ou la créativité, qui conduirait plus facilement à l’innovation. Il illustre cela par les choix des sujets de recherche, qui sont dictés par le système politico-financier (p. 75), ou bien encore par les productions scientifiques qui tendent à s’appauvrir par effet de masse (les chercheurs étant poussés dans une course à la publication, ils multiplient les papiers sur un même résultat de recherche sans rien apporter de nouveau, se faisant eux aussi les pourvoyeurs du fameux « copier-coller »). Là encore, l’auteur pointe la contradiction entre un système universitaire qui, par ses dispositifs (tels que les partenariats avec l’industrie) et ses outils d’évaluation (notamment les classements internationaux), impose des critères de rentabilité et d’efficacité qui favorisent peu la créativité, et qui en parallèle a l’ambition d’être le plus innovant possible.

Deux projets de société en jeu.

L’université telle que nous la décrit Libero Zuppiroli, s’inscrit de plain-pied dans une économie de marché spéculative. Et c’est sans doute là le principal apport de cet essai. L’auteur nous montre finalement à quel point le modèle universitaire international qui émerge aujourd’hui est en accord avec le système économique dans lequel nous vivons. Il en est le reflet.

Cela implique deux choses. D’abord, les limites du modèle universitaire sont les mêmes que celle du modèle économique plus global dans lequel l’université s’inscrit. Comme dans l’économie de marché, la logique spéculative conduit à l’apparition de bulles qui peuvent déstabiliser le système. L’auteur dénonce la bulle universitaire qui est en train de se mettre en place : par une spéculation sur les diplômes qui sont donnés au plus grand nombre, et par une spéculation sur les recherches induites par la politique du publish or perish. Comme dans le cas des bulles immobilières ou autres, la bulle universitaire est soutenue par une croyance, ici une croyance dans la rhétorique de l’économie de la connaissance, s’appuyant sur l’idée que l’on pourrait porter une économie par la seule R&D, et non plus par les activités de production.

Ensuite, il apparaît très clairement que si l’on veut changer l’université, il faut aussi réfléchir plus largement à un autre système économique et un autre projet de société. C’est le sens d’ailleurs de l’utopie que nous soumet l’auteur dans la dernière partie de l’ouvrage. Cette dernière s’appuie sur une nouvelle économie, plus juste, plus solidaire, aux antipodes de la société de marché où la concurrence fait rage7. Mais à la question « Pouvons-nous encore échapper à ce modèle universitaire ? », l’auteur répond pourtant par une utopie. Est-ce à dire qu’il n’existerait pas d’échappatoire dans le réel ? Cela signifie-t-il que nous n’avons pas encore les moyens, dans la réalité, de mettre en œuvre un autre modèle ? C’est la question à laquelle l’auteur nous amène : en tant qu’universitaire, étudiant, recruteur, politique, ou encore en tant que citoyen, quels sont nos moyens d’action pour faire évoluer notre modèle universitaire, et plus largement notre modèle économique et social ?

Au total, l’ouvrage de Libero Zuppiroli nous offre une critique sans ménagement du système universitaire actuel et de sa tendance à l’internationalisation. Il nous donne les clés de lecture pour le comprendre en mettant en scène ses principaux acteurs. Grâce à cela, il soulève une question fondamentale sur les transformations de notre modèle universitaire. Il nous interroge sur quelle université nous souhaitons et vers quel idéal nous espérons tendre un jour.

Endnotes:
  1. [Image]: http://www.espacestemps.net//wp-content/uploads/2012/10/121029LeheisZuppiroli.jpg

Note


1 Le bâtiment est conçu par le cabinet d’architecture japonais Sanaa, à l’issue d’un concours international qui a mis en compétition les plus grands noms de l’architecture contemporaine. Il est dessiné selon une forme très organique, avec un toit et un sol qui ondulent, tout en conservant une empreinte au sol rectangulaire.

3 Massachusetts Institute of Technology, à Cambridge.

4 California Institute of Technology, à Pasadena.

5 Un parallèle peut être fait, par exemple, avec la stratégie mise en œuvre à Sciences Po Paris pour inscrire l’établissement dans la compétition mondiale, en jouant sur une internationalisation des formations et des partenariats (avec d’autres universités, des entreprises, des administrations publiques ou des ong).

6 Nous entendons par le terme de moyennisation un processus de nivellement des résultats vers le niveau moyen pour délivrer un maximum de diplômes. Plus largement, nous pourrions aussi parler de moyennisation du monde universitaire pour désigner un processus semblable à celui décrit par Alain Touraine en 1969 pour analyser la société post-industrielle : il correspondrait à une augmentation du nombre de diplômés qui sortent avec une licence (voire un master désormais), liée à la massification des effectifs étudiants et une homogénéisation des aspirations des étudiants.

7 Sur cette nouvelle économie, l’auteur ne nous donne que peu d’éléments pour en comprendre les principaux traits, la dernière partie de l’ouvrage se focalisant plus sur les caractéristiques de l’utopie universitaire proposées que sur le modèle économique et social qui la sous-tend.

Résumé

[1]Au printemps 2010, l’EPFL inaugurait son Rolex Learning Center, fruit d’une coopération entre l’École et plusieurs grands groupes industriels désireux d’investir dans un établissement qui forme une grande partie de leurs cadres dirigeants. Bibliothèque, lieu d’échanges culturels, lieu de restauration… l’endroit avait vocation à devenir le cœur du campus, et son architecture originale1 envoyait un […]

Pour faire référence à cet article

Stéphanie Leheis, "Et l’Université, ça devrait servir à quoi ?", EspacesTemps.net, Livres, 29.10.2012
https://www.espacestemps.net/articles/et-luniversite-ca-devrait-servir-a-quoi/